La vie quotidienne
De tous les temps, la vie de Riga fut rythmée par les décrets du Conseil municipal. Sans réagir, et bien souvent sans respecter les décrets les habitants acceptaient. Les maints décrets concernant l’interdiction de jeter les ordures dans la Ridzina est un parfait exemple. Les habitants de Riga continuaient à tout jeter dans la rivière, jusqu’à sa disparition. A partir de 1743, quand les immeubles furent équipés des premières lanternes, interdiction fut faite aux habitants de se promener sans lanternes à la tombée du jour. Comme de bien entendu, tout le monde continuait à se promener sans l’équipement requis! Les premiers trottoirs furent aménagés en 1818 mais les habitants de Riga gardaient l’habitude de marcher au milieu de la rue. Ne parlons pas du code vestimentaire! De temps à autre le Conseil municipal publiait des édits sur "Le Code de tenue et des soirées" qui resta en vigueur jusqu’au 18e siècle. Ce code définissait quoi porter en fonction de son rang ou sa classe sociale. Malgré ce code, des voyageurs soulignaient dans leur carnet de voyage comme il était difficile de distinguer une cuisinière d’une patronne…
Au 18e siècle, les membres de la Petite guilde obtinrent le droit d’appeler leurs épouses et leurs filles "Mesdames" et "Demoiselles" du gouvernement de la Russie, s’affranchissant ainsi de l’interdiction de s’habiller richement.
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L’eau potable fut aussi un problème important dans la vie quotidienne des habitants de Riga. Au Moyen Age, on buvait l’eau de la Daugava. Plus tard, avec l’apparition des puits et des pompes on buvait l’eau provenant des puits. Le premier architecte de ce puit fut le maître de chantiers R. Bindesu au 17e siècle. Les puits de la ville furent appréciés par les gens, surtout par les voyageurs, et furent des lieux de rassemblement de chariots de chevaux. Jusqu’au 19e siècle, sur la rue Brivibas, près de l’actuelle rue de Tallinn existait encore la pompe à eau dite Grande. Les eaux souterraines découvertes en 1904, aux alentours de Baltezers, près de Riga, jouèrent un rôle primordial dans l’approvisionnement en eau potable à Riga. Aujourd’hui, l’ancienne station de pompage abrite le musée de distribution des eaux. Afin d’assurer une pression stable dans les canalisations, il fallut construire des châteaux d’eau. Aujourd’hui ces bâtiments délimitent le centre de la ville et sont les sites les plus attirants des services publics de Riga. Deux de ces tours, les plus anciennes (1896-1897), se trouvent au bout de la rue Matisa près du chemin de fer et marquent la frontière du centre de la ville.
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La ville se développant, les questions de transport et de communications devinrent plus pressentes. Le milieu du 19e siècle est marqué par le développement du transport urbain et des moyens de communication. Le premier transport en commun fut l’omnibus qui apparaît en 1852. Il partait de l’Hôtel de ville jusqu’à la Grande pompe à eau, située à l’emplacement de l’actuelle église Jaunas Sv. Gertrudes. Les voitures de l’omnibus étaient bleues avec une ligne jaune au milieu, des rideaux rouges décoraient les fenêtres. L’intérieur était éclairé par une lanterne. Des inscriptions sur la voiture étaient en allemand d’un côté, en russe de l’autre. Le conducteur portait un uniforme bleu clair et il conduisait des chevaux assis sur un siège haut. Dans une main il tenait une corde qui, tirée par le contrôleur, servait de signal. L’omnibus exista jusqu’en 1882 puis il fut remplacé par le tramway à chevaux. Ce dernier s’inclina en 1901 devant le tramway électrique. La première ligne de tramway passait par le boulevard d’Alexandre (Brivibas aujourd’hui). En automne de la même année cinq autres lignes furent inaugurées ; elles partaient du centre vers la rue Bruninieku, l’église de Paul, le faubourg de Moscou, le Grand cimetière et le parc Keizerdarzs. En 1913, Riga comptait 8 lignes de tramway d’une longueur totale de 47,2 km. Aujourd’hui, en été, un wagon de cette période, rénové et aménagé, est au service des touristes et leur fait découvrir Mezaparks.
En 1852, Riga voit apparaître le télégraphe reliant Riga à Bolderaja. C’était la première installation de ce type dans l’Empire russe. Il s’agissait d’une initiative de la Bourse de Riga car ses agents voulaient disposer les premiers de renseignements sur les bateaux entrant dans le port. La ligne télégraphique fut installée par l’entreprise “Siemens & Halske” (Berlin) sous la direction de télégraphiste de ligne Bredensejs. La première centrale téléphonique de Riga fut fondée en 1882. Un an plus tard les lignes téléphoniques furent aussi installées à Bolderaja et à Milgravis. En 1900, Riga comptait 1202 abonnés; en 1928 fut créée la centrale de communications à distance. En 1940, on comptait déjà 30 000 abonnés.